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Suite aux commentaires sur mon premier jet (http://www.cours-ecriture.org/index.php?option=com_content&task=view&id=803&Itemid=10), voici une deuxième version du texte où j'ai essayé d'expliciter un peu les craintes du narrateur, ses réflexions internes et son hésitation tout en gardant la nouvelle courte (tel l'instant qu'elle représente) et sans trahir la chute. Préférez-vous cette version à l'originale ? J'attends vos commentaires
------------------------------------ Blanche. Blanche bardée d'affiches. Blanche et ré-haussée par trois symboles au sens indéchiffrable.
Tout juste après avoir affronté le bruit des voitures, grondement sans fin, et le tumulte du métro, déplacé, bousculé, serré, j'étais là. Pas un bruit, le calme régnait.
Blanche, dans un univers grisâtre. Blanche presque irréelle... Elle m'attendait.
En étais-je si sûr ? Pour quelle obscure raison avais-je décroché mon téléphone aujourd'hui ? Malgré la gentillesse de la femme qui m'avait répondu, j'avais déjà perçu un monde étrange, directif et autoritaire si loin de mon quotidien. Chaque parole était mesurée, évaluée et jugée par mon interlocutrice. « - Venez à l'essai, me dît-elle » Mais il me semblait comprendre : « - Vous vous engagez à venir. - Vous verrez si cela vous plaît, ajouta-t-elle, sur un ton qui signifiait : - Nous verrons si vous pouvez nous rejoindre ». A peine la tonalité disparue, le doute émergeait à nouveau. Devais-je y aller ?
Blanche devant moi. Blanche et mystérieuse, Blanche comme la feuille de l'écrivain, fenêtre ouverte vers de nouvelles contrées.
On m'avait dit qu'elle était dure, capable de faire comprendre à un élève qu'il n'avait plus sa place sans être moins dure avec ceux qui restaient. La droiture, la rectitude, tout cela revêtait d'un nouveau sens en ces lieux. Indécis et immobile, mon coeur battait à tout rompre. Doucement mes sens reprenaient le dessus. Je perçus des cris, courts, puissants, saccadés. Peu à peu leur rythme remplaça mes battements.
Le chemin avait été long pour parvenir jusqu'ici; plus que la distance, j'avais pesé le pour le contre, alternatives d'un choix qui me poussai vers l'inconnu. Je savais qu'une fois franchi la frontière il n'y aurait pas de retour possible, plus que mon corps s'était mon esprit qui appareillait pour un voyage sans escale. Nombreux étaient qui avait parcouru le chemin avant moi, donnant un nouveau sens à leur vie. Mais aucun n'était revenu exactement le même, la plupart poursuivait toujours ce chemin.
Serais-je à la hauteur ?
S'échapper demeurait possible, tout au moins le croyais-je... Mais ces premiers sons me fascinaient... Etrange mélopée au parfum militaire... Si des cordes vocales en étaient la source, leur puissance trahissait un investissement de tout le corps dans l'effort et la contrainte. Leur énergie s'immisçait en moi comme des notes de musique malgré leur caractère si étranger à ma culture.
Blanche. Blanche virginale, Blanche comme l'innocence des non initiés...
Ding Dong... Des mouvements, quelques paroles et toujours ces cris, vifs, puissants. Des pas qui s'approchent... Puis la blancheur de la porte laissa place à une lumière tamisée, les cris se firent plus forts, plus nets. Un visage à la fois doux et autoritaire m'invita à entrer, presque un ordre pour m'éloigner du monde connu.
Au passage entre deux époques, deux cultures, avancer était remettre une partie de mon libre arbitre entre les mains de cette inconnue. Oui mais je l'avais choisi. J'étais enfin prêt à suivre cette voie. La porte se referma.
Des personnes passèrent, échangeant des mots d'une autre langue. Toutes acceptaient les réponses de cette femme sans contestation, disciples dont le regard en alerte trahissait une vigilance de chaque instant. Le libre arbitre avait disparu, l'obéissance régnait, point d'explication, suivre les directives. Mais chacun remplissait son rôle dans un ballet apaisant.
Mon regard se perdit sur des peintures de guerriers d'une autre époque. Les portes étaient remplacées par des panneaux de papiers produisant une lumière laiteuse, apaisante. Les voix se turent. Le calme...
Je fus guidé jusqu'à la pièce du fond. Un dernier couloir. Des dessins, des symboles, des ornements inconnus, des sabres en bois trônant sur le mur, une odeur de vieux bois mêlée à la transpiration... Et sur ma gauche, des hommes et des femmes agenouillées, vêtus de leur kimono blanc, attendant le début du cours.
Une dernière appréhension en saluant et en entrant, mais comment aurais-je su que les arts martiaux m'accompagneraient dès lors pour le reste de ma vie ? |
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blanche
Ecrit par: Diane Lemay () le 28-12-2009 16:33