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Histoire d'Ômme

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29-01-2010
Dernière mise à jour : ( 01-02-2010 )
 

Ecrit par Diane Lemay,


voici ma «première fois» comme le propose la consigne de janvier.

Histoire d’«Ômme»

J’hésitais avec le jeu de mots «un mâle pour un bien» pour intituler cette première fois.
Messieurs, lisez jusqu’au bout. Même si vous commencez avec un mauvais rôle, «ne perd rien celui qui sait attendre».


À l’époque, je fréquentais un jeune homme que je croyais aimer. Je dis bien «croyais» puisqu’aujourd’hui, je me rends compte que les jeunes ont souvent beaucoup à apprendre, qu’ils croient savoir, mais ne savent que peu. Conclusion : je ne savais pas que ce n’était pas de l’amour. C’était de la séduction, point à la ligne. Me prêtez-vous un autre calembour ? La séduction, selon moi, est le «mâle du siècle» en amour!
Ne me tirez pas de roches, je sais que la séduction existe depuis toujours, que «faire l’amour» était un jeu à la cour du roi aux temps médiévaux avec des poèmes, des beaux mots et de la musique. On faisait la cour, on était en commerce amoureux. Cromagnon apportait un gibier à son élue. Ce que je veux dire c’est qu’on constate que les relations d’aujourd’hui sont souvent aussi éphémères que l’effet du jeu.
C’est probablement à cet effet que j’aurai répondu à cette époque. Il parlait bien, était parfois étrange dans ses propos et le futur a confirmé le dicton «a beau mentir qui vient de loin».
Il a su me garder sous son «charme» quelques temps, après quoi il devint un fardeau, une tache indélébile difficile à se débarrasser. J’espère que mes filles n’auront pas besoin des beaux mots d’un grand parleur.
Il s’est installé doucement dans la routine et a cessé les jeux d’amour, avais-je d’autre choix que de  me ravitailler ailleurs ?


J’ai fait ce que trop de monde font. J’y suis allée, avant de le congédier. Pas qu’il était précieux ou avait un bon rapport qualité-prix, c’était même le contraire, il avait osé approcher ma propre sœur au nom de : avant de me caser pour toujours.  Quel salaud. La torture pour ma sœur qui a crû devoir me cacher ses avances alors que c’est tout ce dont j’avais besoin pour lui signifier son congé ! Vous auriez dû voir la tête qu’il a faite le jour de ma libération.


Pour en revenir au principal sujet de mon souvenir, mon infidélité, j’avoue que j’ai été aussi répréhensible que lui, sauf que je n’ai pas touché à sa famille. Il fut cocu avec un de mes collègues de travail.
Celui-ci avait la réputation de collectionner les trophées. Surtout parmi les nouvelles employées. Les seules qu’il n’avait pas approchées étaient celles qui étaient d’un autre âge ou reliées à des supérieurs d’une façon ou d’une autre. Je fus une parmi les autres. Il ne doit même plus se souvenir de moi. Lui, fut ma première aventure extra-«quelque-chose».
On avait déjà passé une fin de soirée ensemble. Il m’avait ramenée chez moi. On a bu je ne me rappelle plus trop quoi (genre chocolat chaud). Mon chat nous espionnait, il veillait à mon intégrité. Elle n’était pas en jeu, pas ce soir-là. Si je me rappelle, c’était un après-party d’employés pour les Fêtes. Comme l’officiel terminait tôt, on a poursuivi avec un non-officiel dans un bar. On a discuté de tout et de rien. Je me souviens qu’on ait parlé de fantôme quand une fenêtre s’est ouverte seule, en hiver, et que les rideaux de voilage se soient mis à flotter.
Je me souviens aussi qu’il ait raconté qu’il parait que les carottes, branchées sur des machines qui captent les sensations, vivaient des émotions lorsqu’on les pelait ou les tranchait. Les trop émotifs sont condamnés à l’anorexie par compassion si pareille chose est vraie.


La soirée suivante, quelques semaines après, fut différente. Autant la première fut spontanée, autant la seconde fut planifiée.
Ses intentions étaient évidentes quand il fit l’invitation. Son regard disait assez clairement ce qu’il voulait pour ne pas se tromper.
Il ne manquait presque que le tapis rouge. S’il faisait toujours pareil étalage de galanterie, pas étonnant qu’il puisse avoir autant de succès. Il faut ajouter que son physique ne gâchait pas la sauce.
À l’heure de notre rendez-vous, l’heure du souper était passée, mais la soirée n’en fut pas moins agréable, pas de mauvaise surprise du genre verdure coincée entre les dents.
On a dansé dans un bar avec une mini-piste de danse. Son regard plein d’envie faisait penser au serpent qui hypnotise sa proie avant de s’en nourrir (il n’a pas aimé l’analogie). Il a pris une seule consommation, moi, aucune. Je ne buvais rien à l’époque. C’est en toute connaissance de cause que la soirée s’est déroulée. Aucune perte de contrôle, pas de bouche pâteuse, de commentaire maladroit échappé. J’imagine qu’il avait suffisamment tourné autour du pot quand il offrit de partir pour chez lui.
Son appartement était à l’image de quelqu’un de sportif qui n’est presque jamais à la maison. Détrompez-vous, très propre et en ordre, mais très sobre. Le budget aménagement devait être mince au profit des activités sportives.


Le reste de la soirée, n’y pensez pas, vous n’aurez pas de détail. Déçu ? Je peux toutefois dire que ce fut différent de mon connu de l’époque, mais je ne dirais pas que ce fut une grande révélation.


Le retour chez moi demeurait incertain. Qu’allais-je raconter sur la raison de ma nuit ailleurs ?
Je sus mentir avec une aisance et un naturel qui pourraient indisposer mon entourage aujourd’hui. Je fus même capable de le regarder dans les yeux pour lui «avouer» que j’avais passé une nuit blanche avec DES collègues de travail, que les discussions étaient intéressantes, mais qu’à un moment donné, le sommeil nous a gagné avant qu’on ait eu le temps de penser à rentrer. Hem… En partie vrai.
Il n’a pas demandé d’autres détails, surtout que je n’avais pas de temps disponible, je devais rentrer travailler.


Le collègue ne m’a pas réinvité. Une fois lui avait suffi ? À moi, oui.
Dans les mois qui ont suivi, il a changé d’emploi. Dans le temps, il avait 38 ans, j’en avais 18. Aujourd’hui, il est sûrement un beau retraité de la fin de la soixantaine.
Avant qu’il quitte, j’avais réussi à me libérer de mon menteur. J’en avais plein les bottes de ses histoires.
J’étais à la veille de mon dix-neuvième anniversaire.
Le jour de ma fête, j’ai rencontré quelqu’un d’autre. Quand on a décidé de se marier, six mois après, mon collectionneur de trophées nous a dit qu’on était fou, ce à quoi j’ai répliqué que ce n’est pas parce qu’il avait raté son coup que j’allais faire identique. Ouch !
J’avais raison : je suis encore avec aujourd’hui. On vient de célébrer 26 (fidèles) années de mariage.

Plus haut, j’ai précisé que cette aventure fut ma première et ne vous laisserai pas partir sans tout déballer. Vous trouveriez injuste, sûrement, d’être laissé dans l’ombre. Sachez que j’ai récidivé une seule autre fois avant de rencontrer l’homme de ma vie. Autant la première fut une expérience, autant la seconde fut mon vaccin.
Ce deuxième amant d’un soir, après s’être soulagé, je pèse mes mots, s’est dépêché de quitter pour aller prendre un dernier verre. Remord ? Moi, oui.
 Zip-zap. À peine commencé, tout était terminé.
Pour cette fois-là, j’ai développé des regrets d’avoir été si «légère».

De temps à autre, je me reproche d’être allée vers eux. J’aurais pu alors me dire vertueuse, mais d’autres fois, je me dis que si je ne l’avais pas fait, peut-être que j’aurais cherché ou chercherais encore cette sensation.

J’ai déjà donné, je connais, je ne tiens pas à revivre ces moments… La fidélité me convient. Heureux mari ?

À ces deux messieurs, merci !


   

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histoire de l'autre côté

Ecrit par: jean-philippe lemieux () le 03-02-2010 12:49

histoire de l'autre côté

Ecrit par: jean-philippe lemieux le 03-02-2010 12:49

J'ai bien aimer ce récit. Une telle franchise devrait être respecté peut importe l'infidélité. De mon côté, j'ai vécu l'expérience à l'envers du décor. Rien de très enrichissant surtout quand l'amour que je portait à cette femme était grandiose et que jamais je n'ai cessé de faire vivre la passion entre le couple. Au moment de l'annonce de l'infidélité, j'aurais aimer savoir ce qui c'est passé, le pourquoi et je voulais le tout en détail. Je crois que vous avez réussi à bien expliquer le moment précis tout en gardant une certaine intimité qui vous appartient. 
bravo!

 

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Plaisir

Ecrit par: ferdi () le 02-02-2010 10:36

Plaisir

Ecrit par: ferdi le 02-02-2010 10:36

J'ai pris du plaisir à ce récit , où le narrateur s'adresse au lecteur, le prend à témoin, ne se confond pas en regrets. C'est vif, enlevé, amusant. Bravo!

 

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