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Impuissance (une nouvelle de Romane et Juju

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16-01-2010
Dernière mise à jour : ( 17-01-2010 )
 

Ecrit par Imaginaire-fantastique,


Cette nouvelle fictive est basée sur l'impuissance que rencontre un homme face à la vie que va donnée sa femme. Il assiste aux évènements, sans savoir où se trouve réellement sa place.

Je sentais Romane très agitée depuis quelques jours. Elle voulait qu’on aille marcher tous les soirs et s’occupait des tâches ménagères avec une précipitation impressionnante. Samedi soir, vers vingt-deux heures, elle m’annonça que le moment était venu. J’étais fatigué par le travail accumulé sur la semaine, mais je l’aidais à mettre sa valise dans le coffre de la voiture pendant qu’elle ôtait son pyjama et qu’elle enfilait une longue robe mettant en valeur son ventre bien arrondi. Le trajet jusqu’à l’hôpital nous prit une vingtaine de minutes. Romane était restée silencieuse sur le trajet. Les contractions n’avaient pas encore commencé, elle avait « juste » perdu les eaux. Une sage-femme nous prit très rapidement en consultation. Elle cingla le ventre de Romane avec des électrodes qui étaient reliés au monitoring. Le bébé semblait bien se porter. Mais les contractions commencées, il apparût que le bébé était en souffrance. Le cordon ombilical était court, et si Romane n’accouchait pas rapidement, la césarienne serait la seule solution. Romane me regardait, ses yeux emplis d’espoir et de peur. Je lui serrais la main, c’est tout ce que je pouvais faire. J’étais impuissant. La sage-femme nous laissa une heure, pendant laquelle Romane rompit sa promesse contre la nicotine. Elle me demanda une cigarette. Voyant que je ne réagissais pas, elle haussa le ton et je capitulai. Elle fuma quatre cigarettes sans me dire un mot. Je touchais la petit boîte tout au fond de la poche de mon blazer. Ce n’était pas encore le moment. Je devais attendre. Les infirmières installèrent Romane dans une pièce stérile. Je fus autorisé à rester. Les infirmières faisaient des va-et-vient en vérifiant à chaque fois les cœurs de mes moitiés. Une infirmière me demanda de sortir, je ne pouvais assister à la péridurale. Alors que je franchissais la porte, j’entendis Romane s’inquiéter. Elle posait des questions sur la douleur, sur la taille de l’aiguille. Mon cœur se serra. J’étais de nouveau impuissant. Quand la porte me claqua au nez, l’envie d’entrer de force dans cette pièce et de serrer ce bout de femme qui comptait tant pour moi me traversa l’esprit. Ma main trembla en s’approchant de la poignée, mais je ravalais ma rage. Les dents serrées, je n’attendis que le retour des infirmières. Ce ne fut pas long. Romane semblait fatiguée. Mes yeux s’exorbitèrent quand elle annonça à l’une des infirmières qu’elle ne sentait plus son corps. Celle-ci appela sa supérieure qui armée d’une aiguille, piqua la poitrine de ma bien-aimée. Mais elle ne sentit aucune douleur. La sage-femme la pinça tellement fort au même endroit, que sa peau devint bleu. Mes ongles s’enfoncèrent dans ma chair. La sage-femme décréta que tout irait bien. Je devais de nouveau attendre, impuissant. Je fus soulagée de la voir dormir. Je finis aussi par m’assoupir sur ma chaise, sans prêter attention à l’essaim de blouse blanche. On me secoua énergiquement. Romane m’appelait. Je me plaçai à sa hauteur en lui caressant les cheveux. Ce qui suivit reste encore aujourd’hui très floue dans mon esprit. Je me souviens de la sage-femme me tendant une paire de ciseau pour couper le cordon. Je me souviens de Romane et de ce petit être qu’elle câlinait affectueusement. Il avait une couleur grise, et le haut du crâne un peu déformé. Mais qu’importe, il était à mes yeux, le plus bel être humain jamais vu sur terre. Une puissance m’envahit. Une puissance que je n’avais jamais connue jusqu’à présent. Mon fils avait attrapé mon index et ne comptait pas le lâcher.


   

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la naissance

Ecrit par: Seadog () le 17-01-2010 15:51

la naissance

Ecrit par: Seadog le 17-01-2010 15:51

Bonjour, votre nouvelle est attendrissante, tellement qu'on se demande à quel point elle est vraiment fictive ! 
J'ai aimé le contaste entre l'impuissance que ressent ce père qu'il transforme à son avantage en une puissance toute nouvelle dans ce contact physique avec son fils.  
L'introduction cependant m'a paru un peu faible,  
"Cette nouvelle fictive est basée sur l'impuissance que rencontre un homme face à la vie que va donnée sa femme. Il assiste aux évènements, sans savoir où se trouve réellement sa place".  
J'aurais écrit plus simplement, par exemple: "un homme assiste impuissant à la naissance de son fils... mais la puissance ne perd rien pour attendre !

 

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