ateliers et cours d'écriture en ligne

Découverte de soi

Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Appréciation des utilisateurs: / 0
MauvaisExcellent 
03-02-2010
Dernière mise à jour : ( 06-02-2010 )
 

Ecrit par Jean-Philippe Lemieux,


Chaque personne se défini d'un moment précis de leur vie.  Quelquefois, ce moment fût un évènement qui s'est présenté comme un accident.  C'est mon cas! La température extérieure était seulement de douze degré Celsius.  C’était un 19 octobre.  Je m’en rappelle très bien puisque c’était environ un mois après les évènements du 11 septembre.  Mon front, mon dos et mes jambes étaient en sueur.  Je me trouvais sur ma planche à roulette, prêt à affronter un module bien connu à mes yeux.  Le moment qui m’envahi est indescriptible face à un défi pareil.  La pyramide situé à vingt mètres de moi, l’angle d’entré à quarante-cinq degré.  Le chemin à parcourir en survol est d’environ quatre mètres de longueur et 2 mètres en hauteur.  C’est environ  deux secondes d’extase, de libération psychologique.  Lorsque je me trouve dans un moment de concentration comme celui-ci, j’oublis tout mes problèmes monétaires, mes problèmes de couple, mes études qui semblent aboutir nulle-part. 
Je fixe l’asphalte qui est un peu granuleuse, ce qui inévitablement,  me décentrera et ralentira ma vitesse à acquérir.  Mais je suis têtu, j’ai un objectif et je vais l’atteindre.  Je m’élance avec la plus grande force qui se trouve dans ma jambe droite.  Ma propulsion atteint même mon cerveau. Celui-ci me dit de continuer, que je vais y arriver avec encore un peu plus d’effort.  À trois mètres du module, ma jambe droite se pose sur ma planche, mes genoux se fléchis afin d’absorber le choque de passer entre l’asphalte et la plaque de métal de la pyramide.  Au sommet, ma vitesse avait déjà diminué de manière signifiante.  Mon pied droit donne un coup afin de soulever la planche, la jambe gauche se lève et le bout de mon soulier se frotte contre la planche afin d’y garder sa stabilité.  Dans les airs, j’avais déjà remarqué que mon corps s’était déplacé plus rapidement que ma planche.  Résultat : mon pied droit se trouve au dessus de ma planche ou il devrait l’être mais mon pied gauche lui, se trouve dans le vide.  En ayant pas le temps de me préparer à une chute et mon cerveau qui a envoyé un moment de relâche à mon corps face à un échec certain, j’ai touché le sol.  Mon corps s’est tourné 2 ou 3 fois sur soi-même.  J’ai ressenti une perte de sensation, de nerf, de battement de cœur et de circulation de sang à la cheville gauche. 
J’étais sur le dos, les deux mains qui retenaient mon genou gauche, mon corps qui se balançait ne voulant pas déposé mon pied au sol puisque la sensation ressemblait beaucoup à une simple foulure de la cheville.  Autour de moi, une foule de monde se trouvait bouche-bé.  Soit les mains sur la bouche afin de cacher une expression faciale ou soit en train de sacrer de manière à me faire comprendre que leur vue était incroyable.  Me questionnant sur leur réaction, j’ai pris mon courage en main et j’ai levé le cou afin de vérifier l’ampleur de ma blessure.  L’image que j’ai vu m’a coupé le souffle, comme si je venais de recevoir un grand cou de je ne sait quoi dans l’abdomen.  Mon pied se trouvait perpendiculaire à ma jambe.  C’est à ce moment précis que les larmes ont commencé à couler de mes yeux.  Je me suis ressaisi mais j’ai l’impression que le mal est venu après avoir remarqué le tord.  Comme un enfant qui tombe et qui se met à crier seulement quelque seconde après leur chute.  On m’a amené mes cigarettes et mon cellulaire.  Première chose, une cigarette pour me calmer, et ensuite alerter quelqu’un. 
Qui appelé?  Ma mère qui va probablement virer folle à l’idée que son plus jeune s’est gravement blessé en pratiquant le sport qu’elle déteste au plus haut point? Finalement, je réalise que je n’ai pas le choix, mais par chance, ma sœur répond.  Elle propose de venir me chercher mais à travers mon explication, elle n’a pas compris l’envergure de la blessure.   Pendant ce temps, un ami fait l’appel qui ce doit.  Il me confirme qu’une ambulance a pris son chemin.  Je donne le peu d’information que j’ai à ma sœur et je raccroche d’un coup sec. 
J’ai eu le temps de fumer deux cigarettes avant l’arrivé de l’ambulance.  Oui j’étais nerveux. Je ne m’étais jamais retrouvé dans ce genre de situation.  Quand les ambulanciers sont arrivés, ils ont sortis les ciseaux pour les passé à travers mes pantalons et ensuite les souliers.  J’ai dû les arrêter sur le champ. 
Mon excuse : «  Mes souliers, je les paye 150 dollars la pair, alors tu ne les coupe pas, tu les enlève peut importe le risque! »
Ils se sont regarder et ont hoché la tête en signe d’accord.  Bien-sûr, j’ai regretté d’avoir insisté à ne pas couper le soulier tout simplement.  Après avoir coupé le bas, l’un d’eux dit : « Pas de sang, pas d’ouverture.   C’est bon signe!  » 
Ils m’ont installé dans l’ambulance et se sont mis en route à toute vitesse.  Ils disaient avoir peur que la peau lâche.  Ils m’ont donné certaine piqûre, m’ont demandé les informations nécessaires à mon admission à l’hôpital et je me suis endormis.  
Le lendemain.  J’avais la jambe dans le plâtre, ma mère à mes côtés.   
Le problème de cette histoire n’est  pas physique mais psychologique.  Nombreuse nuits de cauchemar ont suivi.  Au réveil de chacun d’eux, je me trouvais en sueur et la seul explication que j’étais en mesure de donné à ma douce moitié étais l’image de ma cheville qui ne se trouvait pas à sa place.  J’étais incapable de décrire le sentiment de cette journée à cet âge là.  Je n’étais plus la même personne.  Une perte d’ambition.  J’avais oublié mon entourage.  Quelque mois plus tard, j’ai abandonné l’école, l’amour de ma vie m’a laissé sombrer seul dans mon désespoir et je ne lui en veux pas du tout, sois-dit en passant.  J’ai dû me reprendre en main, lentement. Nombreuses visites avec le psychologue et avec un conseiller éducatif.   Je crois avoir passé à autre chose seulement 2 ans plus tard.  Et je pourrais bien dire que c’est probablement parce que je suis retourné aux études ou  le fait d’avoir tombé amoureux une autre fois mais non.  Je sais très bien que cette joie de vivre que j’ai retrouvée est lié à mon succès que j’ai retrouvé face au sport que j’aime tant. 
   

Commentaires utilisateurs  
 

Evaluation utilisateurs

 


Ajouter votre commentaire
Nom
E-mail
Titre  
Commentaire
   m'avertir par mail si ce commentaire est suivi
  Veuillez répondre à la question:
DG7         GCO      
7      G    H 1   TYP
EHE   FUE   CAJ      
  3    7      H   5YD
PX2         3E8      
   
   

Aucun commentaire posté