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Le soir de l'anniversaire de Marie, David décide d'aller chercher de nouveaux accessoires pour sa voiture. Rapidement elle décide de se débarasser de cette voiture. Polar au parfum fantastique, selon la consigne 4 : suivre un plan imposé. Amour mécanique
Marie déposa les clefs de la maison sur la table de l'entrée. Une journée trop longue se terminait enfin. Passant par le salon, elle eut un mouvement de surprise, David regardait la télévision sur le canapé bon marché. Elle s'attendait à le voir dans le garage. « - Bonsoir chérie ! Tu as passé une bonne journée ? - Coup-ci coup-ca », dit-elle en l'embrassant. Par dessus son épaule elle avait vue sur la cuisine américaine: la vaisselle attendait négligemment abandonnée dans l'évier. Elle s'échappa des bras de David et remarqua sa combinaison mouchetée de tâches d'huile mal odorantes. « -Tu étais là toute la journée et tu n'as pas pu t'occuper du ménage ? Désolé chérie mais j'avais du taf sur Sweety... » Marie soupira de désespoir. « - j'y ai passé un sacré moment mais son moteur n'a jamais aussi bien tourné. Et tu verrais sa carrosserie ! Bon sang je l'ai lustrée... » Marie n'entend plus que vaguement ses paroles. « - ...lustrée si longtemps que je ne croyais pas finir aujourd'hui; mais elle est superbe ! Un superbe rouge vif, et ces reflets ! Attends faut vraiment que je te montre ca... » Marie se dirige vers la cuisine, elle ne peut en supporter plus pour ce soir. « - Chérie, je t'attendais. Il faut que je t'emprunte ta voiture pour récupérer de tous nouveaux enjoliveurs. - pourquoi ne pas utiliser ta Ferrari ? - Tu rigoles ? Je ne vais pas la sortir avec une pluie pareille. Bon allez, j'y vais, je serais de retour pour le diner... Avec un peu de chance j'aurais le temps de les monter ce soir. » Marie s'arrêta net, la main posée contre le mur accusant le coup. La porte se referma la laissant seule. Lors de leur anniversaire de mariage, il avait fallu que David sorte sa voiture; peut-être pour lui faire plaisir s'était-elle dit. Mais David avait insisté pour faire plusieurs tours en ville « pour lui faire prendre l'air » et finalement la réservation du restaurant, ce restaurant où il l'avait demandé en mariage, n'était plus valable. Pire, David avait fait ronronné son bolide, sa Sweety comme il l'appelle, pour la faire admirer à quelques blondasses à un feu rouge. Ce soir il oubliait son anniversaire... C'était insupportable, alors Marie remît son manteau et prit les clefs du bolide dans la foulée.
Sweety démarra au premier quart de tour, nerveuse et puissante. Une sensation inattendue de bien être l'envahit. Mais Marie enfonça l'accélérateur les larmes aux yeux, il lui fallait se venger, éloigner cette maîtresse de son mari. La voiture était si agréable à conduire, le cuir glissait comme une caresse sur la peau... Et les reprises de chaque rapport lui rappelait... Oui c'était cela, une chevauchée fougueuse avec un étalon mécanique. Sa colère grondait de plus belle. Elle pouvait rayer sa carrosserie, ou pire provoquer un accident. Mauvaise idée, David fera réparer ce tas de ferraille. La Ferrari fit une embardée que Marie rattrapa de justesse. Ah tu te rebelles, voleuse d'hommes ? Je vais t'apprendre à t'accaparer mon mari ! Elle prit un chemin de terre conduisant à un précipice. Il faut en finir, la désosser. La nuit était tombée et la pluie continuait à battre les vitres. Marie ralentît par sureté mais la voiture sembla rechigner à avancer, toussotant presque parfois. Tu m'as assez pourri la vie ma vieille. Marie continua dans l'herbe humide avant de s'arrêter en haut d'une pente. Devant un panneau signalant le précipice, Marie imagina le vide plus qu'elle ne le voyait. Elle tira sur la poignée de la portière mais celle-ci résista. Ah commencerais-tu à redouter ma vengeance ? Elle employa toutes ses forces et parvint à sortir. Une vitesse enclenchée, le frein à main relâché, elle poussa le bolide vers le vide en souriant. Mais rien se passa. Malgré les tentatives elle ne bougeait pas. Marie fit le tour de l'aile gauche pour vérifier les roues. Elle se pencha en avant, appuyé sur ses escarpins de ville, et tendit la main sous le garde-roue. Rien. Son pied gauche s'enfonça dans la terre détrempée. Elle chercha une prise. Mais elle dérapa et perdit l'équilibre. Elle tomba s'accrochant à quelques poignées d'herbe alors que la chaussure disparût dans la pente abrupte. Son coeur battait à tout rompre mais elle put se relever. Face à la pente, les fesses appuyées contre le pare-choc, elle scruta le gouffre et rit de sa mésaventure plus furieuse que jamais et bien décidée à terminer sa tache. Elle sentait le contact chaud de la voiture, encore fumante sous l'averse. A ce moment elle sentit une vive poussée dans son dos. La dernière chose qu'elle vit en tombant, fut l'éclairage des phares qui dansaient, joyeux. |
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amour mecanique
Ecrit par: lavergne () le 14-11-2009 19:46