Un jeune champion de Taekwondo, à qui tout réussit, doit se rendre à Singapour pour un tournoi international. Pas une seconde, il ne se doute que ce sera son dernier voyage…
En sueur et essoufflé, Arthur n’en avait pas moins le sourire. Un sourire franc et lumineux, qui ne manquait jamais d’étonner. Si Patrick Brun le connaissait bien, ce sourire, jamais il ne s’en lassait. « Décidément - pensait-il en regardant son élève - ce gosse a tout pour lui : talentueux, intelligent, gentil comme tout, beau gosse et jamais la grosse tête. Comme j’aimerais qu’ils soient tous comme lui… » Patrick Brun était instructeur de Taekwondo depuis une quinzaine d’années, déjà. Il avait la chance d’exercer son métier par passion et non pas, uniquement, pour recevoir son cheque en fin de mois. A l’âge de 20 ans, désœuvré comme la plupart des ses acolytes de la cité, il a découvert le Taekwondo par pur hasard, dans un minuscule Dojang (nom donné aux centres d’entraînement dédiés) de sa ville, Bagnolet. Le maître des lieux était un coréen, ne payant pas de mine, sachant au plus 10 mots de français mais qui excellait pour communiquer la technique et la philosophie de cet Art Martial. Dès sa première session, Patrick sut que le Taekwondo ferait partie intégrante de sa vie, comme la drogue, l’alcool ou la violence gratuite formait le lot quotidien d’une grande majorité des jeunes de son âge. Il avait trouvé sa voie et avait investi sa vie dans la pratique de cet art qui commençait a peine à se développer, à l’époque. Il participait aux tournois organisés en France et en Europe et gagnait très souvent. Il a même eu l’occasion de séjourner en Corée du Sud pendant un mois et se mesurer aux champions du coin. Il avait été loin d’être ridicule et son Maître - qui l’avait accompagné pour le voyage - même s’il ne disait rien, était fier de son disciple et du fait d’avoir reçu les félicitations des grands pontes de la WTF (Fédération mondiale de Taekwondo, basée a Séoul) pour le travail accompli hors des frontières. A 25 ans, Patrick Brun a décidé d’arrêter la compétition pour se consacrer à l’instruction. Il avait repris le Dojang de son Maître - reparti dans son pays - et l’avait développé, avec le succès grandissant du Taekwondo en Occident. Avec son Club, Patrick avait éduqué des centaines d’enfants, leur évitant ainsi de tomber dans les dérives trop facilement offertes par les cites ouvrières, et sorti certains d’entre eux pour son département « Elites », dédié spécifiquement à la compétition. Le nombre de médailles gagnées dans les différentes catégories de jeunes l’ont définitivement aidé à recruter de plus en plus d’élèves. A 40 ans, il vivait plutôt bien de son activité et pouvait dédier 80% de son temps au suivi des « élites », laissant la formation de base aux mains expertes de ses différents instructeurs. Arthur était la vedette de ce groupe d’élites, composé d’une vingtaine de pratiquants de haut niveau, âgés de 10 à 20 ans. Il pratiquait depuis l’âge de 5 ans, poussé par ses parents qui croyaient dans les vertus des arts martiaux. Très tôt, Arthur avait montré des dispositions physiques exceptionnelles pour le Taekwondo : souplesse, puissance, rapidité et coordination. A cela s’ajoutait un mental très fort, malgré son très jeune âge. Fait exceptionnel, il n’avait jamais perdu un tournoi auquel il avait participé, aussi bien en France que dans les autres pays d’Europe. Depuis l’âge de 10 ans, il avait récolté 50 médailles d’or ! Bien entendu, ce parcours ne s’est pas réalisé sans sacrifices. Encore aujourd’hui, à 15 ans, il s’entraîne 2 heures, après l’école ; sans compter sa participation à l’instruction des plus jeunes que Patrick impose a toutes les ceintures noires. « Les arts martiaux vous ont apporté, entre autres, une philosophie de la vie. Maintenant, c’est à vous de redonner un peu au Taekwondo. Et cela passe par l’instruction. », aime-t-il à répéter. Mais, Arthur ne se plaignait pas de cette discipline. Il adorait les compétitions et découvrait, depuis 2 ans, les joies et bienfaits personnels de l’instruction. La salle d’entraînement était lumineuse et spacieuse. Quatre tatamis bleus de 9mètres carrés divisaient l’espace. Des punching bags pendaient à différents endroits et l’on pouvait entendre le bruit mat de chaque coup de pied lancé par les autres élites, en plein effort. Des appareils de musculation tous neufs trônaient dans le fond, à gauche, à côté du bureau de Patrick. Les murs blancs recevaient des cadres montrant toute une série de personnages, dont le créateur coréen des lieux, Grand Maître Park Chung-hee et certains jeunes champions du Club – dont Arthur. A droite de l’espace, vers la zone de sparring, les murs présentaient 5 cadres rapprochés, chacun définissant (en hangul – alphabet coréen – et en français) une des 5 vertus du Taekwondo : respect, maîtrise de soi, esprit indomptable, humilité et persévérance. Patrick insistait énormément sur ces concepts, à chacune de ses sessions d’entraînement. « Je ne veux pas donner des armes à un futur criminel », répétait-il. « Si vous ne respectez pas et n’implémentez pas ces vertus, ici et dans la vie en général, vous pouvez partir. » clamait-il à tous ses étudiants et il soulignait plus particulièrement la notion de respect, qu’il estimait comme étant la base d’un homme honnête. La salle bénéficiait de plafonds très hauts, amplifiant cette impression de grandeur. - Alors, c’est bien vrai, Coach ? Je pars pour Singapour ? Patrick sourit, content de son effet. - Oui, mon petit gars. Tu pars avec 4 autres combattants et, bien sûr, moi. Et, je te l’ai déjà dit : arrête de m’appeler « Coach ». - Oui, Co… Euh… Patrick… C’est vraiment génial ! - Le tournoi débute dans 15 jours. Comme d’habitude, j’ai concocté un programme spécifique pour vous 5. On commence demain. - Pas de problème. Je serai prêt ! Au fait, qui sont les 4 autres ? - La Fédération a retenu notre club pour ce tournoi international et j’ai choisi Victor, Phil, Ali et… Mathilde… Patrick avait fait exprès de temporiser avant d’annoncer la participation de Mathilde. Il savait bien qu’Arthur avait plus qu’un faible pour cette jeune fille qui, de son côté, ne semblait pas indifférente. Mais, à 15 ans, on ne sait pas trop comment exprimer ce genre de sentiments, tellement nouveaux… Le visage d’Arthur s’était illuminé à l’évocation du nom de Mathilde, ce qui ne faisait que confirmer l’observation de Patrick.
(A suivre...) Pour la suite... J'écris des nouvelles sur mon blog http://nouvellespararthis.blogspot.com A suivre quotidiennement. N'hésitez pas à vous y inscrire pour les suivre et, bien entendu, les commenter… A bientôt ! Arthis http://nouvellespararthis.blogspot.com |
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Ecrit par: MATHI=U () le 09-11-2009 12:51