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Le vendredi 18 mai 2012 

Genèse de L’aimant littéraire

Comme de nombreuses personnes, j’ai désiré apprendre et je n’ai pas trouvé la formation qui me convenait. J’ai fréquenté différents ateliers d’écriture et je m’en suis assez vite lassée. En dehors de ces rencontres sympathiques, je n’apprenais pas les techniques d’écriture littéraire qui me faisaient envie et qui me permettraient d’entreprendre l’écriture d’un livre. Je recevais des avis polis et peu critiques. Je ne bénéficiais pas d’un environnement favorable : ces autres rédacteurs venaient pour s’exprimer, être écoutés et partager le bonheur d’être ensemble alors que j’étais animée de véritables élans de création, de désirs de maîtriser la langue française et l’art d’écrire, d’être en mesure d’atteindre un lectorat.

Au fil du temps, la frustration s’est accompagnée de colères. Les écrivains animateurs que j’avais rencontrés avaient tendance à me faire remarquer mes ignorances, à s’en moquer parfois, sans me donner les moyens d’apprendre, comme s’ils me refusaient l’accès à leur univers privilégié d’auteur. Beaucoup m’ont découragée : « On a le talent ou on l’a pas ! », « le talent ne s’enseigne pas ! », « A votre âge, j’avais déjà quelques livres disponibles dans toutes les bibliothèques publiques ! », ou pire encore : « On ne peut pas enseigner l’art d’écrire et encore moins l’apprendre. » Il m’a fallu des années pour me défaire de ces a priori, parvenir à accepter qu’il est possible d’apprendre à tout âge, qu’un art de l’écriture existe bel et bien, et parvenir moi aussi à signer des contrats d’édition avec des éditeurs. M’autoriser à devenir écrivain a été un parcours du combattant contre moi-même et ces personnes condescendantes.

Cet enseignement que je cherchais tant n’est pas disponible dans les facultés qui envisagent le savoir-écrire, encore aujourd’hui, d’une manière trop théorique et particulièrement savante, à l’ombre des plus grands auteurs. L’admiration, trop souvent inhibitrice, ne favorise pas l’initiative personnelle ni la création de textes originaux.

De longues années furent nécessaires afin que je puisse trouver les mots justes qui puissent exprimer ce désir d’apprentissage : savoir raconter une histoire (la narratologie et techniques de structuration d’un texte), trouver une formulation qui intéresse les lecteurs (développer un style personnel, la stylistique, la rhétorique, l’éloquence, la lisibilité, le suspense, la surprise, l’humour…), connaitre les formes et genres littéraires du point de vue d’un auteur ; c'est-à-dire connaître les normes et procédés du genre afin de jouer avec ces contraintes d’écriture ; maitriser l’écriture : choisir un sujet et l’exploiter, savoir quoi écrire et comment, faire coïncider mes projets avec mes réalisations et mes envies.

Puisque je n’avais pas l’opportunité d’accéder à cette formation tout prête puisqu’elle n’existait pas, une véritable passion m’a poussée à dévorer les livres de techniques d’écriture : Antoine Albalat, Jean Guenot ; Nicolas Boileau… tant et si bien qu’au bout de quelques années, j’étais en mesure de mettre sur pied une librairie spécialisée dans l’écriture que j’ai dirigé durant deux ans dans la Cité du Livre et de l’Écrit de Montmorillon (Poitou-Charentes – France). Depuis, j’ai numérisé une partie de cette librairie des arts de l’écrit Et je n’ai de cesse d’enrichir ces pages au fil des mois et des années.

Au début de cette aventure personnelle, dans mon for intérieur, je désirai passer de la honte de ne pas savoir écrire à la dignité d’apprendre : de recevoir de la considération, de vraies connaissances pratiques, des encouragements qui me seraient adressés personnellement avec humanité et tact, d’être valorisée pour les efforts déployés à apprendre, d’être guidée. Bref de me débarrasser de mes complexes, de ce sentiment de solitude et de l’arrogance des professeurs qui se valorisent au détriment de leurs élèves en ruinant leur estime d’eux-mêmes, leur désir d’apprendre et de créer. J’avais envie de m’impliquer dans une relation formative saine et dynamisante, de partager mes réalisations, mes préoccupations et mes émotions avec d’autres, engagés dans une démarche identique à la mienne. Un dispositif d’apprentissage m’a particulièrement séduite : c’est l’atelier d’écriture qui répondait en tous points à mes attentes… dans la théorie pédagogique !

Comme je vous l’ai dit précédemment, j’ai fréquenté un certain nombre d’ateliers d’écriture et ces expériences m’ont déçue. Beaucoup d’animateurs s’improvisent dans ce métier pour des raisons lucratives, sans posséder les bases nécessaires, sans même imaginer que des processus individuels d’écriture et de création puissent exister, en méconnaissant purement et simplement la littérature, ses procédés, ses méthodes et ses techniques, en étant exclus du milieu de l’édition, en dupliquant mécaniquement une idée de l’atelier d’écriture avec l’arrogance et la prétention de détenir l’unique formule dont ils seraient les inventeurs. Ils ignorent même que l’atelier d’écriture existe depuis la nuit des temps : " Dès le quatrième siècle, les poètes de la Burdigala gallo-romaine (aujourd'hui Bordeaux) avaient l'habitude de se réunir autour du plus célèbre d'entre eux, Ausone (310 -315), pour déclamer des vers de leur composition, les critiques et commentaires émis par ce public de choix étaient acceptés et appréciés par les auteurs."

J’ai donc décidé de relever les manches et de créer ces ateliers d’écriture que j’aurai tant aimé fréquenter.

Après ce long parcours de lectures sur le savoir écrire (périple infini), j’ai démissionné de la fonction publique, suivi une formation pour apprendre à apprendre et je me suis spécialisée dans les ateliers d’écriture en suivant d’autres formations. Je me suis frottée à la pédagogie de Freinet, Piaget, Vygosky, Rogers, Montesorri, Meirieu, des psychanalystes : Didier Anzieu, Boris Cyrulnik et Françoise Dolto… et des spécialistes de la communication notamment Jacques Salomé. J’ai lu tout ce que j’ai pu. J’ai pratiqué encore et encore l’animation d’écriture durant ces quinze dernières années auprès de différents publics avant de proposer mes services en ligne en novembre 2007.

J’ai conçu des formations à distance sur Internet qui enrichissent la formule d’atelier d’écriture dite en « présentiel » : permanent, facile d’accès, interactif, souple et se pliant à tous les emplois du temps ; ouverts au monde actuel de l’écriture et de l’édition.

J’ai choisi l’art de la nouvelle pour vous permettre d’approcher au plus près les arts narratifs dans un format qui se prête à la formation. Ces savoir-faire vous aideront d’ailleurs à écrire dans votre vie privée et professionnelle, à formuler vos idées, vos émotions, vos analyses de manière à intéresser vos interlocuteurs. Vous développerez l'assurance et l'aisance à vous exprimer.
Si vous êtes enseignant ou formateur, vous serez en mesure d’enrichir vos propres cours de français et de littérature de pratiques enthousiasmantes et d'entrainements plaisants.
Écrit par Jocelyne Barbas
© - Tous droits réservés | Cours d’écriture littéraire et créative | 2007 *
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