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Un grand jour

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06-11-2009
Dernière mise à jour : ( 08-11-2009 )
 

Ecrit par Andong,

An 2578. Une date à retenir dans l'histoire de l'humanité... Est ce que les hommes pourront s'en souvenir ?

Je regarde par la fenêtre. L’obscurité est totale et l’on voit toutes les étoiles.

Le communiqué vient de tomber. Je pense que, pour tout le monde, aujourd’hui est un grand jour.

Mon appareil de télétransmission que j’ai laissé sur la table vibre et bipe sans arrêt. La connexion interplanétaire est saturée, le voyant rouge est allumé.

Aujourd’hui est un grand jour.
Cet événement historique fait remonter en moi tant de souvenirs. Cela me semble encore tellement impossible.

J’ai été créé le 21 octobre 2452. Je suis né à 21 ans. J’étais le clone d’un européen, prénommé Martin. Je lui ai donné un rein et il a vécu heureux jusqu’à l’âge de 147 ans. Après sa greffe, il m’a aboli. Je pouvais faire ce que je voulais, avoir ma propre vie. Nous sommes restés en contact, très proches. La relation entre un humain et son clone équivaut aux liens du sang entre jumeaux. C’était mon frère. Il m’aimait.

C’est lui qui a choisi de mourir. Son corps pourrissait. Je lui ai proposé d’autres greffes d’organes, je l’ai supplié, mais cela n’aurait pas servi à grand-chose, me disait-il, il était mort de l’intérieur. Je crois qu’il est parti en paix. Je crois surtout qu’il ne voulait plus voir ce monde. Les humains étaient devenus abjects et méprisables, me disait-il souvent. Avec les siècles, cette civilisation si brillante s’était transformée en un concentré de violence insoutenable, inacceptable. Parfois il m’enviait d’être le clone. Et il avait honte d’être un homme.

Les clones ont la capacité de se régénérer. A sa mort, je me suis rajeuni. Mais pas trop quand même. Et depuis je me suis habitué à avoir 38 ans. C’est un bel âge. Martin, à cet âge-là, a vécu ses meilleures années. Il était heureux, amoureux et plein d’espoir.

A cette époque pourtant, la Terre entière était en guerre. Tous les humains, sans exception, participaient au Grand Combat Mondial. Chaque homme avait un ennemi, politique, géographique, religieux, quelqu’un à qui en vouloir, quelqu’un à détester. La Terre était à feu et à sang. Certains humains, comme Martin, n’acceptaient pas cet état de crise perpétuel. Mais depuis longtemps le mot paix avait disparu du langage courant. Les hommes ne savaient pas quoi faire d’autre en dehors de la guerre, à vrai dire. Cela rendait Martin si triste. Il me disait souvent qu’il ne comprenait pas ce besoin de se détester à ce point. Nous les clones, avec notre capacité de discernement sans équivoque, nous n’éprouvons ni agressivité, ni animosité envers quiconque. Nous sommes restés en dehors du Grand Combat.

A la mort de Martin, j’ai hérité de ses biens. Sa maison, quelque part en Europe du Nord, et son FM-IG 8. Un vieux modèle de fusée à usage personnel. Pas très rapide, mais avec un habitacle spacieux, aussi grand que sa maison. J’ai hérité aussi de sa descendance, 3 enfants, 3 garçons. De toute manière, les filles ne naissaient plus depuis déjà tellement d’années. Les fils de Martin, la maladie les a fauchés les uns après les autres. Cette fichue épidémie de grippe intergalactique. On n’a jamais rien trouvé pour l’éradiquer. Je n’ai pas eu à pleurer leur mort, ils étaient devenus de grands guerriers assoiffés de vengeance et de sang. De toute manière je n’aurais pas su, je suis incapable d’éprouver du chagrin.

J’ai vécu sur Terre pendant quelques décennies avec Martin. Oh bien sûr, cette planète était usée, délabrée et il y faisait tellement chaud ! Mais j’ai toujours aimé la lumière du jour, et la sensation de pesanteur aussi. Cela me manque parfois. Je ne faisais pas grand-chose, je bricolais, les humains venaient me voir pour que je leur donne un coup de main. Comme je me régénérais, je ne craignais ni les blessures, ni les accidents. Et puis j’étais assez bon bricoleur. A cette époque, ceux qui ne faisaient pas attention pouvaient mourir d’une écharde dans le doigt… Les humains étaient devenus tellement fragiles. La femme de Martin est morte en se coupant la main avec un morceau de verre. Il fut inconsolable.

Et puis ce fut la grande vague d’Epuration, cette période affreuse ou les humains ont su que leur race allait s’éteindre. Ils n’étaient déjà plus très nombreux. La guerre faisait rage. Les humains utilisaient de plus en plus d’armes chimiques. Leurs systèmes immunitaires étaient affaiblis, et quand les combats cessèrent, c’était faute de combattants. La guerre avait eu raison des plus forts. Et les plus faibles se détestaient encore plus. Le Grand Combat Mondial était entré dans une phase d’hostilité aveugle et inutile.

Il y avait déjà de moins en moins de naissances et très peu de filles. Dès qu’elles étaient en âge de concevoir, elles étaient inséminées artificiellement, mais elles ne savaient plus fabriquer que des garçons, que l’on détruisait aussitôt, inutiles petits êtres. Ce fut une période noire. C’était terrible de voir ces hommes lutter pour ne pas disparaître, sachant tout effort vain. Ces hommes pleins de rage tuant leurs enfants et ces femmes pleurant leurs ventres vides… Lorsque la dernière femme est morte, je me souviens du regard des hommes, si sombre et abandonné. Avec la fin des femmes, ce fut la fin des bébés. Bien sûr les humains ont essayé de cloner des nourrissons, mais l’épidémie de grippe intergalactique s’amusait à les faucher, eux en premier. Il n’y eut bientôt plus aucun espoir de procréation humaine. C’est à ce moment-là que j’ai quitté la Terre.

Nous les clones sommes infertiles. Nous pouvons nous cloner nous-mêmes si nous voulons nous reproduire. Mais cela ne remplace pas le rire des enfants, disait Martin.

Quand l’air est vraiment devenu irrespirable sur Terre, j’ai pris le FM-IG 8  de Martin et me suis mis en orbite autour de la planète.  C’est là que je vis, avec vue imprenable sur ce petit caillou devenu tout gris,  et sur les étoiles aveuglantes.

Dans mon FM-IG8, je ne suis pas seul. J’ai ma belle Uno. Une gynoïde lunaire 3ème génération. Elle est tellement parfaite ! Je l’ai vite adopté. Elle comble ma solitude, s’adapte à tous mes besoins, d’une facilité d’utilisation et d’une douceur infinie. Elle sait faire la cuisine, la conversation, les mots croisés et l’amour. C’est une très bonne gynoïde de compagnie. Martin l’aurait aimé, je crois.

Je n’ai jamais pensé à partager ma vie avec un clone femelle. Il y a bien eu Deewa, un clone femelle indonésien, très belle. Mais elle avait été reproduite pour effectuer la greffe du cerveau d’une femme atteinte de lésion cérébrale. J’ai rencontré Deewa avant l’opération. Elle riait tout le temps, d’un rire lumineux et musical. Mais ensuite, le cerveau synthétique qui lui avait été implanté la rendait apathique. Elle restait là pendant des heures à vous regarder et à faire semblant de vous écouter, avec ses yeux et sa tête vides. Elle n’a fait que me rappeler ce que nous étions, tous les deux. Des clones à qui l’on arrache un rein, un bras ou un poumon. Après tout, nous ne sommes que de simples copies d’humains à qui l’on ôte des bouts. Des êtres imparfaits, incomplets. Et ce qui nous manque le plus sans doute, c’est l’absence de sentiments. Pas d’animosité, pas de tendresse. Le vide au creux du cœur.

La plupart des clones ont quitté la planète après l’Epuration, certains ont même quitté le système solaire. La Terre est devenue une planète morte. Les derniers humains qui en avaient encore la force ont continué à s’entretuer, pleins de rage et de ressentiment, se rejetant la faute de l’anéantissement de leur race les uns aux les autres.

Les derniers combats furent des combats sans gloire, sans vainqueur non plus. Puis un jour, on a su qu’il n’y avait plus qu’un seul homme, dernier survivant d’une civilisation décadente et corrompue.

Seul et amer, il s’est proclamé Roi de la Terre. Il vient de mourir de la grippe. Je pense que cela aurait fait rire Martin.

Aujourd’hui est un grand jour.
Le dernier homme vient de mourir. Plus jamais nous ne connaitrons la colère, la jalousie et la perfidie. Enfin le monde sera en paix. 

A nous les clones, moitié humains, moitié riens, de ressusciter la Terre. A nous d’en faire quelque chose de vivant. Sans haine. Mais sans amour non plus.
Et je ne peux que sourire amèrement à cette nouvelle, en songeant à Martin.

Rien de grand ne se fait sans Passion, avait-il souvent l’habitude de dire.

   

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NOUVELLE PRIMEE

Ecrit par: MATHI=U () le 02-01-2010 21:33

NOUVELLE PRIMEE

Ecrit par: MATHI=U le 02-01-2010 21:33

Félicitations ! Votre nouvelle a été sélectionnée comme étant l’une des meilleures du mois de novembre 2009 dans sa catégorie.  
 
Afin de préparer le prochain recueil de nouvelles, je vous serais reconnaissant de bien vouloir m’envoyer : 
 
- votre texte avec vos dernières corrections au format RTF ou Word  
- l’autorisation ci-dessous dûment complétée. 
 
à l’adresse suivante : mm_mathieu5@yahoo.fr 
 
 
AUTORISATION ………………………………………………………………………………. 
Je soussigné, (votre prénom et nom) 
Demeurant au (adresse) 
Tel 
e-mail principal :  
 
autorise Jocelyne Barbas, L’esprit Livre, à diffuser ma nouvelle dans le cadre de l’opération « la nouvelle du mois » : PRECISEZ ICI LE TITRE DE VOTRE TEXTE . 
 
Je souhaite utiliser un pseudonyme qui est XXXXXX A PRECISER LE CAS ECHEANT 
 
Je reconnais avoir été averti (e) que cette diffusion était réalisée sans but commercial et ne donnera pas lieu à des versements de droits d’auteur. A ce titre, je reste propriétaire de ce texte et conserve de ce fait toutes mes prérogatives inhérentes à ma création littéraire.  
J’ai également été averti (e) de la nécessité de protéger mon texte et dégage L’aimant littéraire de toute responsabilité juridique.  
 
 
Fait le (date) A (lieu de votre résidence) 
 
Par (signature) 
 
……………………………………………………………………………………… 
 
Je vous demande de bien vouloir me retourner ces documents avant le 20 janvier.  
 
Passé cette date, votre nouvelle ne serait pas diffusée.  
 
Vous remerciant de votre compréhension.  
 
 
MATHI=U

 

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pessimisme.

Ecrit par: ferdi () le 08-12-2009 10:30

pessimisme.

Ecrit par: ferdi le 08-12-2009 10:30

Voilà un texte pessimiste que j'ai lu avec intérêt car il est bien écrit; la relation entre son clone est vue de façon originale. 
Y a t-il exagération,? Je viens d'apprendre que depuis 50 ans , la qualité et le nombre des spermato a baissé de moitié!

 

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brrrr!

Ecrit par: Aline () le 04-12-2009 15:08

brrrr!

Ecrit par: Aline le 04-12-2009 15:08

Bonjour, 
oui pas gai! Mais on peut se demander si on ne le mérite pas. Un texte sans espoir donc, à ne lire que si on est en forme. Mais comme le dit Mathieu, la qualité doit être là, si la sensation est efficace à ce point. Merci donc, et peut-être le bonheur repasssera plus tard! 
Cordialement,  
Aline

 

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J'ai bien aimé!

Ecrit par: lili_91940@hotmail.com () le 04-12-2009 11:14

J'ai bien aimé!

Ecrit par: lili_91940@hotmail.com le 04-12-2009 11:14

Je me suis laissée facilement emportée progressivement dans cette époque futuriste sans foi ni loi alors que je ne suis pas du tout fan de science-fiction. Tout se tient. Et étrangement, je n'en ressors pas du tout déprimé!  
 
Tout ce la reste hypothétique. Et au contraire, je suis consciente qu'il s'agit d'une référence aux côtés sombres de l'homme qui reste malgré tout incontrôlable dans ces dérives. 
 
Vous êtes consciente et réaliste que ce futur peut exister. 
 
Et j'avoue que ce texte nous change des "bons sentiments" et des happy-end.  
 
Il y a de ce fait de bons sentiments à la fin qui apparaissent. Ce clone est attachant, humain, idéaliste. Il y a de l'amitié, de l'amour. Certes c'est un clone! Les humains sont décimés mais finalement, c'est hypothétiquement de l'ordre du possible! 
 
Et j'ajoute que vous maitrisez bien le vocabulaire "science-fiction" ce que je serai incapable de faire! 
 
Bonne continuation! 
 
lili

 

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Que de pessimisme

Ecrit par: christine negrel () le 11-11-2009 10:42

Que de pessimisme

Ecrit par: christine negrel le 11-11-2009 10:42

Bonjour, 
Le jour de l'écriture de ce texte devait être un jour "sans" pour toi. 
Je trouve ce texte déprimant mais peut être c'est parce qu'il contient un bon fond de vérité. Tu as réussi à faire passer une émotion forte et c'est un bon point 
Mais je trouve aussi que le monde décrit est un peu incohérent, je sais que c'est compliqué en quelques lignes. 
J'espère lire de toi autre chose de peut être plus optimisme. 
A bientôt

 

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