Une rencontre amoureuse qui s'avère avoir été organisée.
Tout a commencé un vendredi de décembre, juste avant Noël. A mon grand étonnement, j’étais convoquée chez un notaire dans le quartier de Saint-Just à Lyon. Selon les dires de ce dernier, celui que j’appelais mon père n’était probablement pas mon père biologique. Je serais une enfant adultérine. Mon présumé géniteur, un certain Clément Demongey était décédé depuis une quinzaine d’années dans un accident de la route. Sa mère, et donc ma supposée grand-mère, Adeline Demongey, décédée quatre mois auparavant, m’avait légué sa demeure sise au 7 rue des Tourelles dans le vieux quartier de Saint-Just à Lyon, l’ancien lugdunum. Une magnifique et grande maison du 18ème siècle, agrémentée d’une tourelle et d’un merveilleux jardin suspendu, orienté plein sud. Un bijou. Elle valait une fortune. Cependant, la succession présentait certaines complications qui ne m’ont permis d’entrer en possession de la maison que quelques mois après cette entrevue avec le notaire. Je devais en effet me soumettre à un test de filiation génétique permettant de faire établir en justice la paternité pour devenir officiellement héritière, d’autant plus qu’une procédure judiciaire avait été engagée par le fils adoptif de mon père biologique qui aurait du hériter des biens de sa grand-mère adoptive si je n’avais pas existé. Adeline Demongey, souhaitant réparer une erreur de jeunesse de son fils, avait légué tous ses biens à sa petite fille naturelle si on la retrouvait dans l’année suivant son décès, sinon à son petit-fils adoptif. En effet, ce dernier, en tant qu’enfant adopté dans le cadre d’une procédure d’adoption simple, n’avait pas la qualité d’héritier réservataire à l’égard des ascendants de l’adoptant. Le notaire soulignait que j’étais encore dans les temps pour faire établir en justice la paternité, cette action étant rouverte à l’enfant pendant les dix ans suivant sa majorité. Cela me permettrait de plus de solliciter ma part d’héritage sur la succession de mon père biologique. Abasourdie et très choquée par ces nouvelles ahurissantes et dans un état second de ravissement puisque je risquais de devenir très riche, je dévalais l’escalier à la sortie de chez le notaire et renversais alors un homme et la pile de documents qu’il tenait dans ses bras. Un simple regard de sa part a suffit à faire basculer tout mon univers déjà très fortement ébranlé. Un ouragan émotionnel anéantissait alors le peu de raison, qu’il me restait. Je ressentais pour lui une attraction irrésistible. Très confuse, désorientée et chamboulée intérieurement, je l’aidais à ramasser ses papiers éparpillés dans la montée d’escalier, et j’acceptais à sa demande, de lui offrir un verre pour me faire pardonner. C’était un bel homme, brun aux yeux noir, assez grand et plutôt bien bâti, élégant, bourré de charme et de sensualité, délicat, attentionné et très gentlemen. Il s’appelait Eric. Nous nous sommes revus par la suite, de plus en plus souvent, jusqu’à ne plus nous quitter en dehors de nos obligations. J’étais tombée éperdument amoureuse de lui, au point de presque oublier cet héritage qui tombait du ciel et semblait procéder d’un conte de fées. Agée de 26 ans lorsque j’ai rencontré Eric, j’étais encore célibataire malgré quelques amourettes qui n’avaient pas abouti. Brunette aux yeux noisette, de taille moyenne et plutôt ronde, peu sure de moi, introvertie mais assez dynamique et d’un caractère plutôt doux et gentil, je plaisais assez aux hommes, mais ne me rendais pas très disponible pour les rencontrer. En effet, en dehors de mon travail d’économe dans un lycée, je consacrais beaucoup de temps à ma mère, dépressive depuis toujours et très angoissée, surtout depuis le décès, cinq ans auparavant, de celui que j’appelais mon père. Eric travaillait à Lyon comme ingénieur en informatique. Agé de 32 ans, et toujours célibataire, il vivait vers la tour du pin, dans une magnifique propriété héritée de son père, mais souhaitait se rapprocher de Lyon. Peu fortunée, je vivais en location dans un petit appartement, dans le quartier de la croix rousse à Lyon. Petit à petit, Eric s’était installé à mon domicile. C’était plus pratique pour lui de dormir chez moi disait-il, ainsi, nous pouvions partager plus de temps ensemble. Dès que je rentrais du travail, il était là, à m’attendre. Il m’appelait constamment sur mon portable lorsque je m’absentais, réclamait ma compagnie dès que j’entreprenais une activité de mon coté. Je me sentais alors tellement importante, j’avais l’impression d’être tout pour lui, et c’était délicieux pour moi qui n’avais jamais connu ce sentiment, pas même auprès de ma mère trop dépressive pour me voir. Je n’avais plus aucune envie hormis celle d’être à ses cotés, et je me désintéressais de mes quelques activités de loisirs. Rien n’était plus intéressant que d’être en sa compagnie. Il m’apprenait tellement de choses. Je négligeais aussi ma mère que je ne voyais plus qu’une fois par semaine en catimini, et le peu d’amis qui m’entouraient. « Regarde Hélène comme ton entourage se soucie peu de toi », me disait-il, ajoutant : « Ta mère t’utilise comme un anxiolytique et tes amis ne s’intéressent à toi et t’appellent que lorsqu’ils ont besoin d’un service. » Il avait raison me semblait-il alors. Ainsi, petit à petit, je me rendais entièrement disponible pour lui, et il me devenait de plus en plus indispensable. En sa présence, le monde me paissait merveilleux, et je me sentais si riche intérieurement. Lorsqu’il s’absentait, le monde devenait aride et vide. Je faisais les cent pas en attendant son retour, ressentant de l’inquiétude, du vide et de l’angoisse : « Vas t-il revenir ? M’aime t-il vraiment ? » Me demandais-je. Je pensais constamment à lui, et j’étais habitée à tour de rôle par une euphorie, une félicité indicible à l’idée d’être aimée par lui, et un tourment, une crainte épouvantable qu’en réalité il ne m’aime pas. J’avais besoin de m’assurer de son amour, et pour cela, je devenais hypersensible à ses comportements, ses attitudes, ses non-dits, ses gestes, les variations de ton de sa voix que je tentais constamment de déchiffrer. J’avais concentré sur lui tous mes rêves. J’étais fière et étonnée d’être l’élue de cet homme si cultivé, ouvert, équilibré et sur de lui. Il savait me comprendre et avait tant d’aisance et de charisme dans ses contacts avec les autres qu’il impressionnait beaucoup. Il était toujours très doux, bienveillant, attentionné et prévenant avec moi, au point de souvent faire les choses à ma place. Lorsque j’entreprenais de faire mon ménage, réparer un objet ou encore décorer ma maison, il me disait : « Laisse Hélène, je vais le faire, repose-toi. » Tant et si bien que je finissais par ne plus rien faire chez moi hormis lui consacrer tout mon temps. C’était agréable par certains cotés, mais par moments, je me sentais inutile et incompétente. Parfois, il me donnait des leçons de vie : « tu es restée seule tellement longtemps que tu ne sais plus prendre les autres en considération » me disait-il pour me montrer combien parfois j’étais égoïste. Il me reprochait gentiment de ne pas prendre en compte ses besoins de calme lorsque je mettais un peu de musique, ou bien de ne pas voir qu’il était fatigué lorsque je lui proposais de sortir, ou encore de ne pas lui demander son accord pour inviter mes amis chez moi comme je le faisais auparavant, de ne pas considérer qu’étant ensemble, on doit tout partager. Bien sur, je n’avais pas l’habitude de la vie de couple et des concessions que cela requiert, j’avais vécu de manière assez solitaire et pris de mauvaises habitudes. Petit à petit, il acquérait une réelle emprise sur moi. Il devinait mes intentions, devinait mes pensées cachées, interprétait mes comportements. Pendant cette période, je n’apprenais rien de plus sur cette grand-mère tombée du ciel, ni sur mon père biologique. Je ne cherchais pas à savoir, et ne voulais rien savoir, trop choquée par ces révélations et envahie par la colère d’avoir été dupée par ma mère et celui qui m’avait élevée et que j’avais aimé par-dessus tout. Seule ma mère pouvait me dire quelque chose, mais je n’osais pas l’interroger de peur d’aggraver son état mélancolique déjà très avancé. C’est alors que le notaire m’a de nouveau convoquée pour me remettre les clefs de ma nouvelle propriété. J’ai retrouvé Eric devant la maison pour la découvrir avec lui. Je me sentais comme dans un rêve. Cette demeure était splendide, agrémentée de six pièces et d’un immense séjour donnant sur le jardin duquel on pouvait admirer la Saône serpentant au pied de la colline de Saint-Just. Eric me proposait alors de s’installer avec moi et de prendre en charge les frais de gestion de la maison, soulignant qu’avec mon petit salaire, j’aurais du mal à assurer l’entretien de cette belle propriété. J’étais ravie, ne me sentant pas à la hauteur pour assumer ces frais et l’entretien, de la maison. Eric avait déjà de nombreuses idées d’aménagement. Il souhaitait installer son bureau dans la pièce de la tourelle qui donnait sur un ravissant balcon agrémenté d’une balustrade en fer forgé sur laquelle grimpaient de magnifiques rosiers. Je me sentais tellement sous le coup de l’émotion que j’acquiesçais à tout ce qu’il me proposait. Sans lui, je me sentais alors incapable d’aborder ma nouvelle vie de propriétaire, et surtout d’assumer tout simplement ma vie. Deux jours après cette visite, je disposais d’une journée de repos et en profitais pour retourner seule admirer ce bijou dont j’avais hérité et que dans mon for intérieur, je ne pensais pas mériter. Alors que je m’extasiais sur la vue depuis le balcon de la tourelle, tout en tentant de m’imprégner de mon nouveau statut de propriétaire, j’ai été interpellée par un vieil homme depuis le jardin voisin : « Je vous ai vus visiter la maison l’autre jour. Vous avez de la chance d’être tombée sur un héritier aussi chanceux ! » Très intimidée, je lui souriais et rentrait aussitôt à l’intérieur. Ses mots étonnants avaient exacerbé chez moi le sentiment d’être une usurpatrice. Je n’arrivais, en effet, toujours pas à croire que j’étais propriétaire de cette magnifique demeure. Nous avons aménagé Eric et moi, un mois plus tard, et il nous a fallu plusieurs semaines avant d’être bien installés. Eric s’était approprié la ravissante pièce de la tourelle, ma préférée. C’était sans importance pour moi ; j’étais tellement contente d’être avec lui, de pouvoir commencer une nouvelle vie, et c’était tellement plus confortable que mon appartement ! Nous avons convenu de nous installer chacun dans une chambre. Ainsi disait Eric, nous pouvions garder une certaine indépendance de façon à ne pas étouffer notre couple. Peu après notre installation, Eric se rendait de moins en moins disponible pour moi. Il avait beaucoup à faire disait-il : son travail, l’entretien et la gestion de la maison. Il me demandait de ne pas le déranger lorsqu’il se retirait dans la tourelle : il avait des papiers importants à régler ou bien il était fatigué et avait besoin d’être tranquille. Lorsque j’insistais pour passer du temps avec lui, il me reprochait de ne pas me rendre compte, d’être irresponsable, égoïste et incapable de l’aider ou le soutenir. A ces moments, je regrettais les premiers temps de notre rencontre, et me demandais si je n’avais pas rêvé ces instants merveilleux. J’ai commencé ainsi à vivre des périodes dépressives de plus en plus fréquentes. Eric s’est mis alors à se moquer de mes idées, de mes goûts, de mes choix, de mes points faibles, et lorsque j’exprimais quelque velléité de rébellion ou bien si je m’effondrais devant lui, il pointait mon agressivité, ma malignité ou mes problèmes psychologiques. Je finissais par me sentir minable, méprisable, incapable de jugement et de prendre des décisions. Je doutais de mes pensées, de mes émotions, et je ne savais plus qui j’étais. Je n’étais pas très fière de moi, et je me demandais comment est ce qu’il pouvait m’aimer, lui qui était si gentil et patient avec moi. Un soir, alors que je passais encore ma soirée toute seule avec mon roman, dans le grand séjour, des angoisses de vide, d’inutilité, de non sens sont encore venues m’assaillir. « A quoi bon tout cela? » Me disais-je. Je me suis alors effondrée dans des douleurs morales innommables et des pleurs ravageurs. C’est à ce moment qu’Eric est apparu. Lorsqu’il m’a vue dans cet état, il s’est exclamé, en colère : « Ma pauvre Hélène, je crois que tu as vraiment de gros problèmes psychologiques. Si tu penses n’avoir plus rien à attendre de la vie, et si elle te met dans ces états, il ne te reste plus qu’à te faire sérieusement soigner ou bien à sauter par la fenêtre ! » Sur ce, il est reparti dans la tourelle. Je me sentais alors anéantie, démunie et abjecte. J’ai passé ma nuit à pleurer et envisager le pire comme il me l’avait suggéré. Le lendemain, je téléphonais au lycée pour leur dire que j’étais malade, et je restais à la maison pour mieux m’enfoncer dans mon marasme. J’étais assise sur les marches du perron lorsque le vieux voisin est apparu de nouveau dans son jardin. « Vous êtes ma nouvelle voisine ? » Me demanda t-il alors. Je lui répondais un oui tellement inaudible qu’il se rapprochait pour mieux m’entendre. C’est alors qu’il a du voir mon visage ravagé par les larmes et les nuits sans sommeil. « Allons mon petit, qu’est ce qui vous met dans cet état ? J’espère qu’Eric n’a pas encore fait des siennes ! » Je ne savais pas qu’il connaissait Eric et ne comprenais pas de quoi il voulait parler. Il m’a alors proposé de venir prendre un thé chez lui et de me raconter l’histoire de cette maison et de ses occupants. J’appris alors que mon nouveau voisin, Monsieur Renaudin, écrivain de son métier était très ami avec ma grand-mère Adeline et connaissait Eric depuis qu’il était enfant. Adeline n’avait eu qu’un seul enfant, un garçon nommé Clément. Ce dernier avait épousé une bourgeoise du quartier d’Aynée à Lyon, mais ils n’ont jamais pu avoir d’enfants : elle était stérile. Ils ont finit par adopter un jeune garçon, Eric âgé alors de cinq ans. Malheureusement, une douzaine d’années plus tard, le couple périssait dans un grave accident de voiture. Adeline avait à l’époque de gros soucis de santé : atteinte d’un cancer du sein miraculeusement guéri par la suite, elle ne pouvait prendre en charge Eric qui alors avait été installé dans une pension de famille à Paris ou il poursuivait ses études. Eric adorait rendre visite à sa grand-mère adoptive. Il restait parfois plusieurs jours chez elle et logeait alors dans la tourelle qu’il affectionnait particulièrement. C’était un enfant assez perturbé et très sauvage. En grandissant, il s’est ouvert au monde, mais est toujours resté très secret. « Je crois qu’il aimait beaucoup Adeline » souligna alors monsieur Renaudin, « Et tant mieux pour lui s’il a hérité de sa maison, je suis certain qu’il s’en occupera bien ». J’étais abasourdie par ces révélations et lui murmurais suffoquée par la trahison d’Eric : « mais c’est moi l’héritière ! » « Alors vous êtes la petite fille d’Adeline ! Elle a donc fini par retrouver votre trace ! ? » S’exclama monsieur Renaudin. Grand-mère Adeline lui avait raconté comment, avant de mourir des suites de son accident, son fils, Clément, lui avait demandé de retrouver la trace de ma mère avec laquelle il aurait eu un enfant adultérin, et de faire en sorte que ce dernier s’il existait bénéficie de ses droits à succession. Adeline avait fait effectuer des recherches pendant des années pour retrouver la trace de l’amante de son fils. Or, ma mère s’était remariée et j’avais pris le nom de mon beau-père. C’est en trouvant le frère de ma mère, expatrié depuis des années et de retour en France depuis peu, que le notaire à réussi à me retrouver. Légalement, je bénéficiais donc des même droits qu’Eric sur l’héritage de mon père biologique, puisque j’avais fait établir en justice la paternité, avant l’âge de 28 ans. Or, Eric, seul héritier au moment du décès de Clément, était devenu propriétaire de ses biens. Adeline, pensant qu’on ne me retrouverait pas avant mes 28 ans, avait voulu réparer cette injustice vis à vis de moi en me faisant seule héritière de sa propriété, ce qui nous aurait amenés, Eric et moi, à bénéficier de droits équivalents sur notre part respective d’héritage. Or âgée de 26 ans, je pouvais engager une action en justice pour réclamer mes droits sur la succession de mon père biologique. Je pouvais donc dépouiller Eric d’une partie de ses biens. « Ainsi vous vous êtes rencontrés chez le notaire et vous êtes tombés amoureux l’un de l‘autre ? » Me demanda monsieur Renaudin pour clore notre conversation. Je rentrais chez moi abasourdie. Eric m’avait trahie. Je croyais alors comprendre que ses attitudes, ses comportements, ses mots n’avaient qu’un seul but : m’amener dans un état de déprime tel que j’aurais fini par attenter à mes jours. Ainsi il serait devenu l’heureux propriétaire de la maison d’Adeline et n’aurait plus eu à craindre pour ses biens. Lorsqu’il rentrait à la maison ce soir là, je l’attendais de pied ferme et lui demandais des explications. Il était très confus et semblait prêt à s’effondrer. Il m’a expliqué qu’il savait que je devais voir le notaire le jour ou nous nous sommes croisés pour la première fois et qu’il s’était arrangé pour provoquer notre rencontre. Ainsi, dans notre histoire, « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » comme le dit si bien Paul Eluard. Il voulait revoir la maison d’Adeline chez laquelle il avait passé les plus beaux jours de son existence. Il ne supportait pas qu’une étrangère puisse s’y installer. Et puis, petit à petit il s’était senti tomber de plus en plus amoureux de moi, de plus en plus dépendant de ma présence, ce qui l’angoissait énormément, lui qui avait été tant de fois abandonné. Pour s’en défendre, il était alors devenu odieux avec moi, croyant ainsi pouvoir anéantir cet amour qu’il ressentait pour moi et qui le mettait en danger parce qu’il risquait de me perdre. Il regrettait son attitude indigne avec moi et me demandait pardon. Il était prêt à me léguer tous ses biens pour me prouver son amour. Après un break de quelques semaines, nous nous sommes revus et avons alors engagé ensemble une authentique relation d’amour, pleine de douceur, de respect mutuel, de complicité et de sérénité. Il y a une dizaine d’années que cela est arrivé, et nous sommes toujours aussi heureux ensembles, dans la maison d'Adeline ou nous avons transformé la pièce de la tourelle en nid d’amour. |
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excellente analyse des sentiments
Ecrit par: chris () le 05-10-2008 07:40